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Mot du Maire - Juillet 2011

je n'ai pas voulu attendre la prochaine parution de notre bulletin municipal prévue en septembre pour m'adresser à vous.

 

En effet, je profite de la distribution des invitations concernant l'inauguration de l'extension de la salle polyvalente pour écrire ce «  Mot du maire ». Tout d'abord, j'espère très sincèrement que vous serez nombreux à répondre présents le 16 septembre car des surprises vous attendent et cette inauguration sera l'occasion d'un vrai partage, d'une vraie fête entre nous ! Ensuite, alors que je vous écris – nous sommes le vendredi 22 juillet, les coureurs du Tour de France arrivent à l'Alpe-d'Huez et la Norvège vit une tragédie – je ne peux m'empêcher de penser à tous les événements qui se sont déroulés au sein de notre commune depuis la distribution du dernier bulletin... Après les nombreuses manifestations organisées au mois de juin par le Foyer Rural, les Amis de la Martinière, l'A.C.C.A., l'A.P.E., etc., et qui nous ont réjouis, je suis personnellement touché, voire peiné – et ces termes restent bien faibles – par les tristes événements qui ont frappé certains d'entre vous, donc notre commune : incendies, maladies, décès de personnes jeunes ou moins jeunes. Nous sommes sous le choc. Dans notre ruralité, la proximité entre les élus et les administrés est indispensable, voire vitale, pour le bien de chacun. Pour moi qui suis votre maire, je compatis, au sens étymologique de ce verbe. Tout ce que je ressens aujourd'hui se résume dans les lignes ci-dessus.

J'avais également envie de faire le tour de l'actualité nationale et internationale avec vous.

 

1 - L'été : l'heure des bilans.

 

Ne vivons pas comme des poissons rouges ! Le temps de faire le tour de leur bocal, ils ont tout oublié... Revenons sur ce premier semestre qui s'achève, prenons un peu de temps pour nous arrêter, comprendre le sens de ce que nous avons vécu, en tirer les leçons.

C'est fini ! Finie l'école, finis les devoirs, finis les examens, finie l'année scolaire. Ouf ! Les sérieux et les anxieux pensent déjà à la rentrée ; ils ont tout prévu, tout bordé, tout planifié : ça va rouler. Mais avant de songer à redémarrer sur les chapeaux de roues, il peut être utile de revenir sur l'année écoulée. Les rencontres, les choix, les projets, les réalisations, les imprévus se sont succédé sans que l'on ait le temps d'y repenser. Le calme estival permet de prendre un peu de recul par rapport aux gens comme aux événements.

Le mot « bilan », avec ses sous-entendus comptables, fait un peu frémir ; recettes, dépenses, investissements, fonctionnement, tout cela traduit difficilement notre vie trépidante... La question n'est pas de savoir ce que nous avons dépensé, mais comment nous nous sommes dépensés. Et pourquoi ! Où en sont les engagements, les appels, les priorités, les objectifs fixés ? Quels fruits ont-ils porté ? Qu'est-ce qui a avancé, reculé, évolué, abouti ? Quelle place la famille, les amis, le travail, la télévision, l'adhésion à une association ou à un club sportif ont-ils tenu ? Que retenons-nous, finalement, de ces mois écoulés ? Je vous laisse réfléchir à tous ces points.

 

2 – L'eau...

 

Il est indéniable que ce mois de juillet marquera les esprits de tous et de chacun parce que ce mois a été très arrosé... La pluie qui faisait cruellement défaut n'a pas manqué de tomber et cela fait du bien à la terre, aux cultures, à la végétation. Malheureusement, pour certains, la pluie n'a pas fait leur bonheur – et je peux les comprendre (touristes, commerçants, organisateurs de manifestations en plein air, etc.) -, mais elle a été salvatrice pour d'autres (exploitants agricoles : éleveurs, cultivateurs, etc.) et je suis heureux pour cette profession qui « rame » ces derniers mois...

Sans eau, pas de vie. C'est l'élément indispensable, primordial. Des eaux, tout est né. Trop d'eau peut tuer, le manque d'eau aussi. Les changements climatiques en cours (dont il est de plus en plus difficile de nier la réalité...) mettent le souci de l'eau au centre de nos préoccupations collectives et individuelles. Cultivateurs, éleveurs, jardiniers, consommateurs : nous sommes tous, si l'on peut dire, embarqués. Poissons, oiseaux, mammifères, humains : tous inquiets. L'état des nappes phréatiques et des cours d'eau devient une obsession nationale dans des pays comme la France dont le climat tempéré, avec ses alternances tranquilles de pluies et d'ensoleillement, nous avait habitués à l'abondance. Nous sommes passés de cette abondance au risque d'abus. D'autres régions du monde connaissaient depuis longtemps cet état de manque. Des guerres pouvaient se déclencher pour le partage des eaux. Nous y prêtions peu d'attention. Parfois, tout de même, il pleut, et quand cela survient, nous avons le sentiment d'une renaissance, d'une bénédiction tombée du ciel. Désormais, quand il pleut, nous ne pouvons plus dire qu'il « fait mauvais », mais au contraire : il pleut, c'est bon ! Changement de polarité des valeurs et des calamités : nous aspirons aux « orages désirés » dont parlait le poète. Vive l'eau !

 

3 – Un peu d'histoire... Des crises en rythme de croisière;

 

Nous avons assisté, au début de l'année 2011, à une formidable accélération de l'Histoire : pour la première fois depuis plus d'une génération, des révolutions ont réussi à renverser les régimes en place, en Tunisie puis en Égypte.

La contagion a joué avec des émeutes en Iran, en Syrie, au Yémen, en Libye, cette dernière débouchant sur l'intervention d'une coalition conduite par l'Otan. Au même moment, survenait la catastrophe nucléaire de Fukushima, la plus grave depuis Tchernobyl, avec des répercussions planétaires... Que reste-t-il, cet été, du printemps arabe ? Une formidable surprise, qui a pris de court les analystes et les « puissants ». A savoir que si endormis ou terrorisés qu'apparaissent les peuples, il ne faut pas désespérer de leur capacité à dire « non ». Que de l'orient fataliste ont jailli des volontés de ne plus être traités comme des sujets mais comme des hommes libres. Que la violence des réactions de certains régimes comme en Syrie aura attesté la peur des dictatures et leur conscience que le monde change en dépit des mitraillages. Nous saurons bien assez tôt ce que les fleurs du printemps arabe auront donné comme fruits. Il nous suffit à ce stade de nous souvenir que ces fleurs ont existé, qu'elles ont germé, dans le courage. Mais nous devrons nous souvenir aussi, hélas !, qu'à peine constatée la beauté de ces moments, nous avons eu peur pour notre tranquillité. Et que nos pays auront, dans un pathétique effort, essayé de se protéger contre les conséquences de ce que nous réclamions. Consternante ambivalence qui nous aura vus souhaiter à la fois que tout change et que rien ne bouge.

Cet été, la tableau est plus contrasté. L'agitation continue dans nombre de pays, mais sur un mode « mineur ». Les gouvernements en place se sont ressaisis et n'hésitent plus à recourir à la répression sanglante. Le mouvement iranien a été écrasé et tout porte à croire qu'il en est de même pour les émeutes en Syrie. Le monde regarde le président

Assad recourir à la manière forte sans réagir... Trop d'impératifs géopolitiques militent en faveur du maintien du régime Baas.

L'intervention otanienne en Libye piétine, conséquence logique du refus d'une intervention terrestre. Les émeutes arabes n'ont plus le caractère de la nouveauté et le système médiatique peut dorénavant se polariser sur d'autres sujets : en Allemagne, la bactérie du concombre (ou du soja ?); en France, la sordide affaire DSK.

Mais ce n'est pas parce qu'on en parle moins que toutes ces crises sont réglées ou en voie de l'être. Elles apparaissent, au contraire, comme les manifestations logiques de problèmes structurels impossibles à régler.

L'Europe se débat dans une crise inextricable, avec un système euro qui semble inéluctablement condamné. Mais les États-Unis ne font pas mieux, avec une dette qui a atteint son plafond légal, conduisant certaines agences à dégrader la note de la première puissance mondiale. Pour tout arranger, l'Europe et d'autres parties du monde sont plongées dans une sécheresse terrible. On essaie d'évaluer les conséquences de la décision d'un certain nombre de pays, notamment l'Allemagne, de « sortir du nucléaire ».

Là sont les vrais problèmes, infiniment plus cruciaux que l'affaire DSK. Certains d'entre eux peuvent être gérés, il n'est pas sûr que leur réunion le soit. Il faudrait pour cela une coordination internationale qui suppose une volonté politique, souvent difficile à percevoir. Les vacances d'été pourraient n'être qu'un sursis avant une nouvelle vague de crises, avant un nouvel ébranlement dont on n'ose se risquer à prévoir l'ampleur.

 

4 – En vue de l'élection présidentielle.

 

Tous en piste pour le grand manège de la présidentielle. Les candidatures surabondent, comme chaque fois. Inconnus, voire « un peu fous », qui cherchent à sortir fugitivement de l'anonymat. Rivaux du même parti. Personnalités venues du même « nuancier » des peintres de l'avenir rose, ou bleu, ou blanc, ou rouge, ou vert... Candidats perpétuels, candidats revenus des précédents échecs, hommes, femmes, spécialistes, pleins d'avenir, sans avenir, candidatures dites « de témoignage », candidats de « raison », de « passion », d'ambition. Candidats affirmant qu'ils le sont pour avoir cédé à l'amicale pression de leurs nombreux amis. On se demande parfois pourquoi il n'y a pas plus de candidats. Et comment il se fait que chacun de nous ne le soit pas. Car, après tout, aux yeux de n'importe quel citoyen, qui est le mieux à même de le représenter que lui-même ? Qui, parmi nous, aurait le plus à coeur de tenir les promesses que l'on ferait ? Et puis, un doute nous saisit soudain : et si le meilleur élu était choisi en fonction du principe inverse ? Si l'on votait pour un (ou une) non-candidat ? Le meilleur doit se cacher dans l'ombre propice de l'anonymat et de la modestie. Celui qui dirait : « Je ne m'en sens pas capable » aurait tout pour réussir à nous convaincre.

 

5 – Mon leitmotiv :gardons le moral !

 

Chacun de nous, par sa joie de vivre, sa culture, son goût de partager, est appelé à régénérer le moral de la France... Comme l'écrivait Charles Péguy : « Les crises de l'enseignement ne sont pas des crises de l'enseignement ; ce sont des crises de vie ;(...) quand une société ne peut pas enseigner, c'est que cette société ne peut pas s'enseigner (...) ; une société qui n'enseigne pas est une société qui ne s'aime pas ; qui ne s'estime pas ; et tel est précisément le cas de la société moderne ».

Notre cher pays a besoin qu'on lui redonne le moral. Alors seulement, il pourra « s'enseigner ». Mais ce moral, c'est chacun de nous qui est appelé

à le régénérer, tout simplement.

Que cet été soit l'occasion de puiser à pleines mains dans le trésor de civilisation de nos grands écrivains, de nos paysages, des riches heures de notre histoire. Alors, sous nos yeux, renaîtra la mer, si chère à Paul Valéry qui écrivait : « Les événements sont l'écume des choses, ce qui m'intéresse, c'est la mer ». N'avons-nous pas la nostalgie de la mer ? Comme d'habitude, je vous laisse méditer. Je fais un peu travailler vos neurones ; c'est un très bon exercice estival de gymnastique mentale !

N'oubliez pas la date de notre prochaine réunion publique qui se déroulera en la salle des fêtes le vendredi 07 octobre prochain, à 20H30. Nous ferons le point sur la mi-mandat du Conseil Municipal. N'oubliez pas non plus de répondre à l'invitation de l'inauguration de notre salle avant le début du mois de septembre. Merci beaucoup !

Belle fin d'été à chacun !

Bien à vous,

 

Christophe LABROUSSE, maire de la commune.

 

 

 

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