|
Depuis mon retour du Congrès des Maires, plus j'y pense, plus je me dis que la résignation s'est installée.
Après la crise sociale que vient de connaître la France au sujet des retraites, le moral des français est à l'image de la grisaille automnale et du froid qui nous envahit. L'année 2010 touche à sa fin ; je n'en rajouterai pas davantage. Elle laissera pour certains, d'heureux souvenirs : une naissance, une rencontre, un serment, un voyage... Alors que pour d'autres, elle marquera une page à tourner : accident, maladie, séparation, deuil... En ces périodes de fêtes pendant lesquelles beaucoup d'entre nous partagerons des moments importants et privilégiés en famille ou entre amis, ayons une pensée, gardons un oeil ouvert pour celui ou celle qui, autour de nous, se retrouvera bien seul... Un sourire, un petit mot, une simple invitation peuvent tout changer, n'est-ce pas ? Je me répète : « Respect, Confiance, Solidarité ! »
Cette année, comme je l'avais annoncé, j'ai rencontré un bon nombre d'agriculteurs de la commune ; ces rencontres se poursuivront jusqu'en mars 2011. Je remercie les personnes qui m'ont reçu pour leur sens de l'hospitalité, leur franchise et les échanges très intéressants que nous avons vécus. J'apprends beaucoup du monde agricole ! Bientôt, j'en saurai presque autant que sur le monde ostréicole dans lequel j'ai évolué, mais qui connaît une crise sans précédent dont il aura du mal à se relever... J'ai également reçu les commerçants ainsi que les artisans de la commune pour faire le point, ensemble, de cette année écoulée. La crise mondiale bouleverse notre société plus profondément que nous ne l'imaginions. Au-delà des craquements dûs à l'irresponsabilité financière, la situation a mis en évidence le désir légitime des pays pauvres d'accéder au minimum d'avoir sans lequel l'être s'étiole... Cette réalité remet forcément en cause notre mode de vie fondé sur la surconsommation. Et face à cela, de plus en plus de Français s'interrogent : la dictature des objets, les errances du désir, n'est-ce pas du « divertissement » au sens où l'entendait Pascal, c'est-à-dire un détournement de l'essentiel ? Où sont les vrais biens, personnels et sociaux ? Là se posent de vraies questions.
Du côté des pouvoirs publics, les leçons essentielles de la crise ne semblent pas encore tirées. Le sort fait à la famille – noyau social indéniable – lors du remaniement ministériel, en offre un exemple significatif. En effet, absente dans un premier temps du gouvernement remanié, la famille revient finalement à Roselyne Bachelot – sans commentaire – la nouvelle ministre des solidarités et de la cohésion sociale. Pour les associations familiales, cet oubli traduit un cruel manque d'ambition politique. La profondeur de la crise appelle un vrai retournement des responsables politiques, un examen de conscience face à la complaisance dont ils ont fait preuve ces dernières années devant les diverses formes de destruction de la famille.
L'état n'est jamais neutre. Quand verrons-nous les pouvoirs publics faire d'un grand ministère de la famille le pivot de toutes les politiques sectorielles, parce qu'elle est le socle de l'essentiel ?
Puissent ces fêtes de fin d'année être, pour chacun d'entre nous, une puissante incitation à ce retour vers l'essentiel !
Je vous souhaite de passer de très belles fêtes de fin d'année et vous présente tous mes meilleurs voeux pour 2011. Cette nouvelle année me permettra de vous réunir par village au printemps et en été autour des « apéros communaux » : nous travaillerons, ensemble, à donner des noms aux rues de nos villages qui n'en ont toujours pas. Cherchez des anecdotes, des faits précis, des noms de parcelles, des histoires ; j'apporterai des plans. Ce sera, une nouvelle fois, très agréable ! Nous continuerons notre histoire, ou plutôt celle de la commune, ensemble !
Très, très bonne année à vous, mes chers administrés.
Christophe Labrousse, Maire de la commune |