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Un peu de réflexion ne fait pas de mal, n'est-ce pas ?
2009, année qui laissera des traces indélébiles...
« La crise est bonne à penser », au dire de Claude Lévi-Strauss. De toute façon, il faut la penser et ne pas se contenter de la subir. Qu'elle se résolve ou plus probablement qu'elle perdure, la crise que nous traversons laissera des traces durables : rien ne sera plus comme avant. C'est à dessiner cet après, autant qu'il nous est possible de le faire, qu'il faudra nous employer. Nous devrons écouter les « acteurs » et les « penseurs » de notre temps.
Des questions monumentales émergent en effet. Le capitalisme traverse l'une des crises les plus violentes de son histoire : il s'agit de le moraliser, en régulant le système financier ; mais la chose est-elle possible ? La question sociale devient une plaie vive. Quelles perspectives d'avenir pour le travail, tandis que les emplois fondent sous nos yeux ? Il est clair que la crise frappe encore plus violemment les pays pauvres : comment corriger les déséquilibres mondiaux qui vont croissant ?
Le Franco-Américain Henry Quinson écrit : « Alors que plus d'un milliard d'hommes et de femmes manquent du nécessaire, les bonus sont de retour dans les grandes institutions financières. Wall Street porte bien son nom : la « rue du Mur »... Le mur de Berlin est tombé à la fin du deuxième millénaire sous la pression des peuples aspirant à la liberté d'une fraternité sans frontière. Aujourd'hui, un mur invisible sépare ceux qui habitent les tours d'ivoire de la finance planétaire et ceux qui restent cloués au sol, travaillant dans la précarité et la misère ». En effet, la situation actuelle ne sera pas tenable longtemps : des pays riches et vieillissants endettés au-delà de toute raison délocalisent leurs activités pour consommer des produits moins chers fabriqués dans des régions du monde sans salaire minimum ni protection sociale. Si ces pays encore dominants ne parviennent pas à créer des activités écologiquement responsables tout en rééquilibrant leurs budgets et leurs comptes sociaux, le temps viendra de la faillite et de la révolte.
Comment ne pas craindre que le bénévolat qui est l'un des atouts majeurs de nos associations ou organisations ( Foyer Rural, Les Amis de la Martinière, Club Cyclo, ACCA, etc.) ne se réduise comme une peau de chagrin ? Malheureusement, en raison d'une vision de l'existence purement productiviste et utilitariste, cette notion de service, de don de soi, sera de moins en moins reconnue. Comment incarner dans le monde d'aujourd'hui, dominé par les logiques d'accaparement et de bonus, cette gratuité féconde de celui ou celle qui se donne sans calcul ?
Mon ami, compositeur et maire de Précy-sur-Marne, je veux parler d'Yves Duteil, m'écrivait sur son dernier courrier concernant notre passivité ou non réactivité face à la situation ambiante : « Nos chemins se heurtent à des murs d'incompréhension, à des montagnes de questions. Tous ces verrous qui nous barrent la route ont un point commun : les clés. Perdus dans nos pensées, nous n'avons qu'elles pour trouver la sortie ». En effet, derrière les portes closes, nous voyons la vie par le trou de la serrure. Digicodes, mots de passe, biométrie, cartes magnétiques, codes d'accès sécurisés, etc., défendent nos territoires. N'apprend-on pas davantage aujourd'hui à verrouiller nos vies qu'à trouver des sésames ? Je vous laisse méditer cette question qui pourrait... ouvrir bien des portes, ne croyez-vous pas ? Restons ouverts au quotidien, aux autres, surtout en ces périodes de fêtes qui vont avoir un goût amer pour beaucoup de nos concitoyens malheureusement...
Je ne reviendrai pas sur toutes les manifestations heureuses ou préoccupantes ( la grève au sein de l'usine Rhodia ) qui ont jalonné cette année 2009. Mais sachez que nous sommes restés proches de vous selon l'actualité de notre commune. Je n'oublie pas les familles qui, cette année, ont été frappées par la maladie, un divorce, un accident, un deuil : je serai avec elles par la pensée en cette fin 2009. Je remercie toutes les personnes qui se sont associées au malheur de certains ; leur solidarité leur permettra d'avancer un peu plus facilement.
Je suis conscient que l'année 2010 sera une année de travail pour vos élus, mais vous pouvez compter sur nous et nous vous tiendrons informés de la poursuite de nos investigations pour améliorer votre quotidien. Il n'y a rien de plus important pour moi que l'information. Merci à toutes et à tous ! Merci aux agents de notre commune ! Merci aux conseillers municipaux !
Je vous souhaite un joyeux Noël et une très, très bonne année 2010 !
Bien à vous,
Christophe LABROUSSE, maire de votre commune.
P.S.: J'espère que pendant l'année 2010 je pourrai vous présenter deux de mes amis dans notre salle polyvalente ; le chanteur Yves Duteil et le chansonnier et journaliste Pierre Douglas avec lequel je viens tout juste de déjeuner à Angoulême. |